samedi, 12 mai 2012

Résurrection

Les somnolences ont complètement disparu, en un tour de main, hier matin. Je n’ai pas reposé mes yeux à 11 h 00, ni fait de sieste en début d’après-midi, ni ressenti de fatigue en soirée. Et d’ailleurs, j’avais du monde. Tony et Samir sont venus en fin d’après-midi, et ils sont restés pour le dîner. Nous nous sommes quittés peu après minuit. Nous avons eu toutes sortes de conversations, comme de coutume : métier d’enseignant, rapport aux élèves, devenir du christianisme, pensée bergsonienne, critique de la pensée de Thérèse de Lisieux… mais aussi citoyenneté. J’avais cru comprendre que Tony ne s’intéressait pas du tout à l’actualité et aux questions de société, qu’il vivait dans une sphère purement philosophique et théologique. Et bien non, en fait : il est très au courant des questions de société brûlants, tels le communautarisme, la citoyenneté, l’Etat-nation. Et nous sommes parfaitement en accord sur ces questions. Concernant Thérèse de Lisieux, j’avançais l’argument qu’on pouvait faire une lecture profane de son œuvre, tandis que Tony en faisait une lecture critique et contestataire, refusant finalement l’aura déférée à la sainte. Quant à l’effondrement du christianisme, Tony s’inquiétait de la disparition de Dieu dans notre civilisation, mais je posais la question de savoir si nous ne vivions pas mieux finalement dans une société où l’emprise de l’Eglise sur les consciences a disparu. Quant au communautarisme, nous étions d’accord sur la nécessité de l’assimilation, quand on part vivre dans un autre pays. Sans quoi on reste chez soi. Sur Bergson, je reconnais que j’ai eu de mal à suivre, car Tony nous en a parlé en fin de soirée.

J’ai fait la vaisselle. L’appartement est rangé. On est samedi midi. Il faut que je lise mon journal. Je suis en retard. J’ai l’impression d’une résurrection, après cette semaine de vie de marmotte.  Je crois finalement que la philosophie réelle est celle de Hegel, quand la conscience, entrée dans une forme, se laisse envahir par le négatif, et débouche vers une forme renouvelée et plus sophistiquée de la conscience. Nous avons réfléchi aussi sur le discernement ignacien, et nous nous sommes posés la question du pourquoi de l’affinité et de la sympathie avec telle ou telle pensée. Peut-être finalement parce que c’est à travers l’une, et non l’autre, que nous reconnaissons le réel. 

vendredi, 11 mai 2012

Je vais peut-être un peu mieux

Hugues ne croit pas à une mauvaise interaction entre mes médicaments « psychiques » et le médicament contre le rhume, car ce n’est que de l’eau de mer. Il pense plutôt que je suis entré dans une période de pleine efficacité de l’antipsychotique supplémentaire, après un temps d’accoutumance. Et de se poser la question si le dosage n’est pas trop élevé. Pour la première fois depuis deux semaines, je retrouve un peu mes esprits, ce matin. Il est 11 h 00, et je n’ai pas ce besoin irrépressible de m’asseoir dans le canapé et de fermer les yeux. Je dors beaucoup, ces derniers jours. Deux heures de sieste, après le repas du midi, et douze à treize heures de sommeil par nuit. Je n’ose plus faire de visite l’après-midi, sans avoir pris la précaution de dormir deux heures. Et je n’ose plus inviter ou accepter une invitation le soir. J’ai passé l’après-midi d’hier avec Véronique, mais nous ne nous sommes retrouvés que vers 16 h 00. Et nous n’avons pas dîné ensemble, avec Hugues. Mais il y a aussi que Véronique souffre de terribles douleurs, des névralgies, et c’est pour elle un vrai martyr. Hier après-midi, nous sommes allés visiter une exposition d’arts plastiques, malgré nos santés défaillantes. Les promoteurs de l’exposition nous ont interpellés, en sortant, pour que nous donnions un avis circonstancié sur leur travail. L’exercice a duré une bonne demi-heure. Quelle torture ! je luttais contre le sommeil, et Véronique contre ses douleurs ! Il a fallu assurer. Ce fut très dur. Ce matin, je fais des projets, et de ce fait, ça me redonne confiance. Ce matin, j’ai envie de créer un site internet assurant la promotion de la culture gratuite dans ma région. J’avais déjà lancé un blog en ce sens. J’en ferais un site. Il faudrait faire des reportages sur les expos, présenter les acteurs de la culture. Il faudrait construire un site web. Bon, je ne sais pas si cette idée aboutira, mais au moins, je fais des projets, à nouveau, et c’est signe que je vais mieux. A moins du contraire, que je sois en hypomanie, et qu’il faille forcer encore les doses !  A l’instant, je vais faire une commande au drive. J’ai reçu un courrier de l’hôpital psychiatrique hier. Je ne reverrai pas mon psychiatre. Il n’exerce plus. Je ne sais pas s’il a été muté, ou s’il a un problème de santé, mais il ne consulte plus depuis mercredi. Il n’a pas de remplaçant. Ses patients seront répartis entre ses confrères. Je risque de devoir attendre longtemps avant de revoir un psychiatre. Pas de chance. Pour les renouvellements d’ordonnance, il faut passer par son médecin traitant. 

mercredi, 09 mai 2012

J'ai compris

P5097808.JPGJe vais mieux. Je sors heureusement de cette vie végétative. Je crois comprendre ce qui s’est passé : une interaction médicamenteuse, tout simplement. J’ai attrapé un rhume, en fin de semaine dernière. Plutôt que de passer à la pharmacie, j’ai choisi la facilité, et j’ai demandé à mes parents s’ils n’avaient pas quelque chose pour me soigner. Ma mère m’a prêté ce médicament, en photo, à base d’eau de mer. J’en ai pris samedi en tout début d’après-midi. Et j’ai été aussitôt envahi par un terrible besoin de dormir, au point de faire une sieste, de retour chez moi, ce qui ne m’arrive jamais. Et j’ai pris de ce médicament à fortes doses, dans les heures et les jours qui ont suivi. Et en fait, plus j’en ai pris, plus il m’a endormi. Au point de passer 19 heures au lit la journée de lundi. Et là, lundi soir, je me suis demandé ce qui pouvait avoir changé dans mes habitudes, depuis le début de cette envie de dormir, samedi. Et il n’y avait qu’un changement : le médicament contre le rhume. Alors lundi soir, j’ai décidé de stopper immédiatement ce traitement. Le besoin de dormir a alors reculé. J’ai eu une matinée normale hier. J’ai dormi de 12 h 30 à 15 h 00. Je me suis couché hier soir à 21 h 00, et levé ce matin à 8 h 30, ayant lu un peu plus d’une heure dans la nuit. Je vais à peu près bien à l’instant, avec une petite envie de dormir, toutefois. Je vais lire mon journal. Difficile de dormir, tant que le facteur n’est pas passé, et tant qu’il y a du bruit dans l’appartement à cause du lave-linge. J’en reparlerai à mon psychiatre, mais je crois bien que le trouble provient de fait que les molécules de ce médicament ne sont pas compatibles avec d’autres molécules de mon traitement courant. Ce qui me fait très peur, en fait, chaque fois que je devrai prendre un médicament. Mon rhume diminue, mais j’ai de la sinusite. Rien à y faire, sinon d’attendre que ça guérisse. Ca pourrait durer un bon moment, jusqu’à un mois.